Aurons-nous demain une mer sans poissons ?
Rédigé le 17-04-2008 à 17:03 par spc admin
C’est la question tristement sérieuse à laquelle tente de répondre Thalassa dans le superbe reportage "Main basse sur l’océan". Après la spéciale "ça va chauffer" qui alertait sur les dérèglements de notre planète, Thalassa part cette fois d’un constat tout aussi universel et accablant : invisible et silencieuse, une tragédie se joue au fond des océans où des dizaines d’espèces de poissons et de crustacés sont en train de disparaître définitivement.
Les razzias
Une équation mathématique imparable : nous sommes de plus en plus nombreux sur terre, nous mangeons de plus en plus de poissons, nous en pêchons de plus en plus, il y en a de moins en moins…Depuis 30 ans, les flottes du monde entier se sont modernisées, allant traquer le poisson jusque dans ses derniers retranchements, plus loin, plus profond, aidés par des sonars, des radars, des avions, des filets ultra sophistiqués. Pour le poisson, aucune chance d’y réchapper, pour le plancton non plus, pour le corail encore moins...La pêche est devenue l’une des activités les plus destructrices sur la planète
Les misères
Au delà de ce constat, Thalassa se penche sur les conséquences dramatiques qu’engendre cette surexploitation. Des conséquences écologiques tout d’abord, dans ce fragile océan où la disparition d’une espèce déséquilibre l’écosystème et entraîne des réactions en chaîne, comme la prolifération d’une autre espèce. Des conséquences économiques ensuite, il faut s’attendre à un effondrement de la pêche mondiale et à son cortège de misères. Selon un rapport tout récent de l’ONU, il y a trois fois trop de bateaux dans le monde. Des conséquences humaines surtout, sur la santé publique, notamment parmi les populations les plus pauvres qui se nourrissent principalement de poissons, avec cette question essentielle : que va-t-on manger demain ?
Trop tard ?
Aujourd’hui, la prise de conscience est réelle, et commence à faire effet. Certains pays ont pris des mesures drastiques pour limiter les prises et protéger les espèces. L’Europe gère tant bien que mal ses quotas. D’autres pays n’en sont pas encore là, et pillent toujours la ressource. Alors, est-il trop tard ? L’homme, super –prédateur, et maître des océans, doit aujourd’hui stopper la machine infernale et aux razzias, préférer une pêche respectueuse.
Pourquoi en sommes nous arrivés à la quasi-disparition du thon rouge en Méditerranée ? Comment sont attribués chaque année en France les fameux quotas de pêche ? Quelles sont les conséquences humaines de cette surexploitation, notamment au Sénégal ? Peut-on pêcher tout en préservant les ressources, comme en Islande ?
Doit-on mettre une partie des zones de pêche en jachère, comme en Nouvelle-Zélande ? Et pourquoi ne pas repeupler la mer, comme au Japon, en installant des maisons sous l’eau pour faire venir les poissons ?
A travers le monde, Thalassa a mené l’enquête sur cette catastrophe programmée…
http://www.thalassa.france3.fr/index-fr.php?page=emission



